Ces 6 médicaments qui augmentent le risque de déshydratation

En période de fortes chaleurs, certains médicaments peuvent favoriser la déshydratation et ses complications. Voici les principaux traitements concernés et les précautions à prendre.

La déshydratation correspond à une perte excessive d’eau et de sels minéraux. Souvent bénigne lorsqu’elle est corrigée rapidement, elle peut toutefois devenir préoccupante en période de fortes chaleurs, en particulier chez les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques.

« Avec l’âge, plusieurs mécanismes favorisent la déshydratation : la sensation de soif diminue, les réserves en eau de l’organisme sont plus faibles et les reins s’adaptent moins efficacement aux variations d’hydratation, explique Arnaud CINTUREL, pharmacien. Certains médicaments peuvent également accentuer ce phénomène. Les conséquences peuvent être sérieuses : fatigue importante, confusion, vertiges, chutes, hypotension, insuffisance rénale aiguë, troubles du rythme cardiaque, voire hospitalisation. »

Quelles sont les principales classes de médicaments à surveiller en période de canicule ?

1. Les diurétiques :

Les diurétiques sont prescrits en cas d’insuffisance cardiaque, d’hypertension artérielle ou de certains œdèmes. Leur rôle est d’augmenter l’élimination d’eau et de sel par les reins. En période de fortes chaleurs, leurs effets peuvent être majorés et favoriser une baisse excessive du volume sanguin. Des symptômes tels que vertiges, fatigue, hypotension, crampes musculaires, bouche sèche ou diminution des urines peuvent apparaître.

« Même en cas de canicule, il ne faut jamais interrompre un traitement diurétique sans avis médical, prévient le spécialiste. Il est recommandé de boire régulièrement, de surveiller l’apparition de symptômes inhabituels et de consulter rapidement en cas de malaise ou de diminution importante des urines. »

2. Les laxatifs :

Utilisés de façon prolongée ou excessive, certains laxatifs peuvent favoriser des pertes importantes d’eau et d’électrolytes. En été, il n’est pas rare que la constipation soit aggravée par une hydratation insuffisante. « Avant d’augmenter spontanément les doses de laxatifs, il est important de vérifier que les apports hydriques sont suffisants », remarque notre interlocuteur. D’où la nécessité de demander un avis médical en cas de constipation persistante.

3. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) :

L’ibuprofène, le kétoprofène ou encore le naproxène font partie des AINS. Ces médicaments sont souvent utilisés contre la douleur, la fièvre ou l’inflammation. Le problème est qu’ils diminuent la capacité du rein à s’adapter à une baisse des apports en eau. « Chez une personne déjà déshydratée, leur utilisation peut favoriser une insuffisance rénale aiguë, précise le Docteur en pharmacie. Le risque est particulièrement important chez les personnes âgées, les patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou rénale, ainsi que lors d’épisodes de fortes chaleurs ».

4. Certains antidiabétiques :

Les inhibiteurs de SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine, canagliflozine…) sont des médicaments de plus en plus utilisés dans le traitement du diabète, mais aussi dans certaines insuffisances cardiaques et rénales. « Ils agissent en favorisant l’élimination du glucose dans les urines. Or, le glucose entraîne avec lui une quantité supplémentaire d’eau, ce qui augmente le risque de déshydratation », développe Arnaud CINTUREL. Une vigilance particulière est donc nécessaire lors des épisodes de chaleur intense ou en cas de diarrhée, de vomissements ou de baisse importante des apports hydriques.

5. Les psychotropes :

Les anxiolytiques, antidépresseurs et neuroleptiques peuvent également favoriser la déshydratation. Certains diminuent la sensation de soif, d’autres peuvent perturber la régulation de la température corporelle ou augmenter la transpiration. Ils peuvent aussi entraîner une somnolence ou une baisse de vigilance, limitant la capacité à penser à boire régulièrement.

« Chez les personnes âgées, ces effets peuvent accroître le risque de confusion, de chute et de déshydratation sévère », alerte le pharmacien.

6. Les antihypertenseurs :

Les traitements destinés à contrôler la tension artérielle sont indispensables dans de nombreuses maladies cardiovasculaires. Toutefois, certains peuvent limiter les mécanismes de compensation mis en œuvre par l’organisme lorsqu’il manque d’eau. En cas de déshydratation importante, ils peuvent favoriser une baisse excessive de la tension artérielle, avec apparition de vertiges, de malaises ou de chutes.

Faut-il arrêter ces médicaments lorsqu’il fait chaud ?

Non. Arnaud CINTUREL est formel : si ces traitements vous ont été prescrits, c’est qu’ils sont nécessaires à votre santé. Ils ne doivent jamais être arrêtés sans l’avis d’un professionnel de santé. En période de fortes chaleurs, le bon réflexe est avant tout de boire régulièrement, même en l’absence de sensation de soif, de rester attentif aux signes de déshydratation et de demander conseil à son médecin ou à son pharmacien en cas de doute.

Source : notretemps.com

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